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Frieze Sculpture fait jouer l’ombre et la lumière à Regent’s Park
« L’exposition de cette année s’intitule In the Shadows, explique Fatoş Üstek, curatrice de l’édition 2025 de Frieze Sculpture. « J’ai été attirée par les ombres parce qu’elles sont à la fois origine et métaphore : on dit que les premières peintures étaient des contours d’ombres, et la sculpture elle-même est indissociable de l’ombre du corps. À Regent’s Park, avec l’arrivée de l’automne, les ombres s’allongent, deviennent plus silencieuses, plus contemplatives. Je pense aussi aux ombres comme à ce que nous refoulons : la culpabilité, la honte ou des histoires que nous préférerions oublier. Les sculptures ici répondent à ces strates : humaines, animales, végétales, matérielles. Elles nous invitent à marcher, à nous arrêter, à réfléchir, et à reconnaître les présences invisibles qui façonnent le monde que nous habitons. »
Ici, elle nous parle de six œuvres clés.
Andy Holden, Auguries (Lament) (2025)
« L’œuvre d’Andy (ci-dessus) matérialise en volumes 3D des enregistrements de chants d’oiseaux. Le rossignol, le coucou et le corbeau sont des espèces dont les populations disparaissent sous nos yeux ; le rossignol a diminué de plus de 90 % en Grande-Bretagne. Dans la littérature et les mythes, ces oiseaux étaient perçus comme des gardiens du temps, destinés à nous survivre. Leur absence aujourd’hui annonce quelque chose de plus sombre. Andy les fige dans la sculpture, de sorte que nous les percevons à la fois comme présents et déjà en train de disparaître. L’œuvre devient un augure en soi : une lamentation pour ce que nous perdons, mais aussi un rappel des ombres projetées par l’intervention humaine sur le monde naturel. »
Photo : Linda Nylind ; avec l’aimable autorisation de Frieze
Jaune Quick-to-See Smith, King of the Mountain (2024–25)
Jaune a été une pionnière de l’art contemporain amérindien, et c’est très important de faire entendre sa voix ici. King of the Mountain est enracinée dans la relation de sa communauté au bison – cet animal qui était à la fois guide spirituel et mode de vie, jusqu’à être chassé presque jusqu’à l’extinction. Le dernier bison de sa terre natale, dans le Montana, est né en 1930.
En plaçant le bison ici à Londres, Jaune renverse le regard colonial : elle relocalise le « roi » sur la terre du colonisateur. L’œuvre est satirique, politique et profondément autobiographique, faisant dialoguer les ombres de la violence et de la résilience avec le parc.
Henrique Oliveira, Desnatureza 8 (2025)
Henrique travaille avec du bois de récupération, des pièces qui ont déjà servi de meubles, de placards, d’encadrements de portes. Il redonne vie à ces matériaux en les transformant en formes torsadées qui évoquent des racines. Desnatureza 8 ressemble presque à un corps d’insecte, ou à une araignée, ou simplement à un système racinaire naturel, selon la manière dont on le regarde.
On ressent une idée de métamorphose, de matériaux qui emportent leurs vies précédentes dans une nouvelle structure organique. Je l’ai placé près de troncs en décomposition dans le parc pour que le dialogue entre bois vécu et bois récupéré puisse se déployer. Pour moi, l’œuvre incarne les ombres comme des traces : des objets qui appartenaient autrefois à un ailleurs, et qui reçoivent ici une nouvelle présence, presque surnaturelle.
Photo : Linda Nylind ; avec l’aimable autorisation de Frieze
Burçak Bingöl, Unit Terrenum Rosa (2025)
Burçak a créé ce que je considère comme un monument aux débris, une sorte d’archéologie du parc. Le sol londonien est stratifié par l’histoire : on peut y trouver des céramiques brisées, des éclats, voire des tuyaux et des assiettes datant de l’époque victorienne ou de la Seconde Guerre mondiale.
Unit Terrenum Rosa restitue ce sentiment de stratification, d’expériences vécues qui se sont sédimentées au fil du temps. Les motifs de roses sur les céramiques s’inspirent de la Queen’s Rose Garden à Regent’s Park, de l’ambassade britannique et du centre soufi d’Istanbul, tandis que l’argile elle-même provient de la terre de jardins anglais qu’elle a mis au jour pendant ses recherches.
C’est un rappel que Regent’s Park n’est pas seulement un paysage pittoresque, mais aussi une archive dense de civilisation, de mémoire et de perte. Son œuvre se relie profondément à l’idée d’ombres, car elle met en lumière les vestiges oubliés ou enfouis sous nos pieds.